2- Viols, 5- Contrôle social des femmes, c) APPROPRIATION DES FEMMES, e) RELIGION, MEDIA, Textes féministes

Viols de masse à Cologne (Nouvel An 2016), Allemagne, Autriche, Suisse, Suède, Finlande par des migrants musulmans


Le site OOOutils Féministes n’a pas pour objet de publier des actualités mais devant le silence, voire dans certains cas le camouflage délibéré, concernant les attentats terroristes perpétrés contre les femmes dans de nombreuses villes d’Europe la nuit du Nouvel An 2016 et devant le manque d’information disponible en français, nous avons décidé de publier plusieurs articles d’information et d’analyse politique sur ces crimes islamistes organisés.

Si ces viols de masse avaient été infligés aux hommes, il est évident que les les média et groupes politiques auraient été profondément choqués et auraient qualifié ces actes de « terroristes ». A la place, leur énergie se concentre « pour ou contre le projet de déchéance de nationalité » alors que de toute façon la majorité des djihadistes ciblés meurent en commettant leur massacres (croyant pouvoir ainsi violer nuit et jour 70 femmes-esclaves au « paradis »). ça les rend malades que des criminels de guerre perdent une carte d’identité, mais que des milliers de femmes soient violées, motus et bouche cousue !

Mesdames, n’attendez pas que la police vous protège elle ne l’a pas fait beaucoup ce soir là. Bien-sûr nous avons toutes peur mais il vaut mieux apprendre l’autodéfense, nous armer et nous organiser ensemble plutôt que d’abandonner l’espace public. En particulier si vous comptez profiter de la fête de la musique en juin 2016…

Sommaire :
Silence des musulmans violent les femmes ! par Ana Pak
Cologne, lieu de fantasmes par Kamel Daoud
Place Tahrir en Europe par Marieme Helie Lucas

Silence des musulmans violent les femmes !

En 2011 sur la place Tahrir au Caire, les intégristes d’allah violaient les femmes qui avaient osé sortir et manifester. Cela sous le regard du monde qui était rivé sur la « révolution » égyptienne.

En 2012 en Iran, les soldats d’allah arrêtaient et violaient collectivement les femmes qui participaient aux fêtes dans les maisons (puisqu’à l’extérieur il n’y a aucun lieu de fête1).

Le 19 mars 2015, en plein centre de Kaboul des adulateurs d’allah ont lynché et brûlé Farkhondeh Malek Zadeh, une jeune femme de 27 ans, parce qu’elle avait refusé de répondre à un mollah.

Le 22 février 2015 au Nigeria une fillette de 7 ans était rembourrée d’explosif par des militants d’allah et envoyée sur le marché dans le but de tuer des centaines de personnes.

Aucun de ces faits ne sont des actes isolés et rares. C’est parce que ce sont des pratiques extrêmement courantes qu’elles finissent par nous parvenir malgré le voile de silence avec lequel la plupart des médias et politiciens tentent de masquer les actes barbares commis par millions d’hommes musulmans.

Depuis avril 2015, les frontières de l’Union Européenne sont grandes ouvertes soit disant pour accueillir les régugié-e-s de Syrie et d’Irak. Or ceux-ci sont une minorité parmi ceux qui ont bénéficié de l’ouverture des frontières. Pourquoi si peu de femmes et d’enfants parmi eux, les ont-ils abandonnées aux assaillants ?
Depuis plusieurs mois des sites internet en plusieurs langues encouragent et facilitent l’acheminement des hommes venant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Des passeurs organisés et soutenus internationalement amènent des centaines de milliers mâles musulmans en rêve de conquête à l’assaut de l’occident2. Bras ouverts, les bus et les trains affrétés gratuitement par les États de l’U.E. les transportent avec grand confort où ils le souhaitent. A un assaut généralisé répond un accueil généreux. Il semble que les autorités de l’Union Européenne n’ont qu’un but : accroître la population musulmane. A défaut de pouvoir faire rentrer la Turquie musulmane dans l’U.E., ils le font en ouvrant les frontières aux masses musulmanes. On dirait qu’en Europe on est en manque de mâles et qu’il faut absolument en importer et en priorité des musulmans !

Ni de la part de ces hommes qui viennent en masse, ni de la part de leur accueillants qui se soumettre à leurs invités, il n’y a aucune volonté d’intégration. Comment peut-on parler d’intégration de milliers d’individus dans un pays comme la France déjà marqué par le fléau du chômage, traumatisée et meurtrie par les massacres commis au nom d’allah et dont les valeurs et la laïcité sont sans cesse grignotées par la propagande d’un islam vindicatif ?

Ces hommes qui arrivent ici comptent imposer leur point de vu sur les mœurs, la vie en société, les rapports femme-homme… Les travailleurs sociaux se soumettent à leurs exigences archaïques : on ne leur parle ni de la laïcité, ni du respect des droits des femmes. En revanche, on leur indique leurs droits devenus systématiques et immédiats depuis avril 2015 : allocation de 330€ par mois, hébergement et repas gratuit, accompagnement dans les démarches administratives. Une association de femmes turques avait fait un film utilisé lors de la signature du contrat d’accueil et d’intégration des immigrés. Dans ce film on présentait les valeurs de la République Française. Or sous la présidence de Sarkozy les valeurs de laïcité et de droits des femmes ont été supprimés sous prétexte de ne pas choquer les musulmans3.

Hier, pour empêcher les femmes de se révolter, ils les violaient sur la place public en Égypte4. Pour empêcher les femmes d’aller aux fêtes en Iran ils les violaient collectivement. Ils lynchaient les femmes à Kaboul et transformaient les petites filles en bombe humaine au Nigeria, au Pakistan, en Afghanistan…

Aujourd’hui ils violent, tabassent et volent les femmes sur les places publiques européennes  : Allemagne (Hambourg /Hamburg, Berlin, Bielefeld, Düsseldorf, Cologne /Köln, Francfort /Frankfurt-am-Main, Stuttgart…), Autriche (Vienne /Wien, Salzburg), Suisse (Zurich…), Suède (Stockholm…), Finlande (Helsinski…) parce qu’elles participent à la fête du Nouvel An 2016. Il s’agit d’une « action organisée et coordonnée »5 dans des dizaines de villes par des milliers d’ hommes migrants. Des criminels du groupe État islamique. Les violeurs sont des musulmans de nationalités marocaine, algérienne, tunisienne, iranienne, irakienne, syrienne, de Serbie… (Il faut savoir que ces viols ont commencé avant le Nouvel An6 et continuent. En Allemagne en particulier il y a eu des viols sur des petites filles.) Les viols sont devenus massifs le 31 décembre 2015. Le mode opératoire de ces violeurs consiste à « encercler, toucher, agresser sexuellement et dépouiller la victime »7, cela rappelle la manière dont procédaient les violeurs place Tahrir. Ces violences ont duré toute la nuit8 sans que la police n’ait une réelle volonté de stopper ces violeurs. Avaient-ils peur de les arrêter ou minimisaient-ils la gravité du crime de viol ? Si les boutiques avaient été massivement braquées, la police aurait tiré sur les voleurs. Comment se fait-il que les violeurs jouissent d’un traitement de faveur ? La police, les média et les partis politiques ont tendance à étouffer ces crimes, soi-disant pour lutter contre le racisme. En quoi protéger les violeurs lutteraient contre le racisme ? Sacrifient-ils les femmes pour acheter la paix sociale avec les violeurs islamistes ? Ils n’auront ni la paix ni l’honneur. Faire silence sur ces violeurs leur donne un passe-droit pour commettre d’autres crimes.

Demain au centre des grandes villes d’Europe, ils lyncheront les femmes qui refuseront de se voiler et de se soumettre à n’importe quel mollah ou mâle. Demain en Europe, ils exploseront des petites filles pour faire tuer les gens sur les marchés. Nous les femmes iraniennes et algériennes exilées politiques qui avons fuit les violences des islamistes, quelle ironie de retrouver les mêmes, impunies, en Europe !

Les autorités de l’U.E. ont ruiné la Grèce et désavoué les origines9 grecques de l’Europe. En cédant aux attaques contre la laïcité et les droits des femmes, les États de l’U.E. islamisent à grand pas les sociétés européennes. Des hommes politiques tel que Hollande et Sarkozy commercent encore et toujours avec les régimes les plus pourris, dangereux, misogynes et islamistes tels l’Arabie Saoudite et l’Iran. Encore aujourd’hui notre cher ex-président Sarkozy donne des conférences et adule le Qatar !

L’islamisation commence toujours par la violence et les viols contre les femmes10, le reste suit. Faire silence ou nier ces viols de masse, en rejeter la responsabilité sur les femmes, cela revient à accepter le viol massif des femmes et l’islamisation de la société qui va de pair.

Certains en Europe pensent que le Front National et l’extrême-droite peuvent nous sauver de cette islamisation. Malheureusement la misogynie, l’antisémitisme, la haine de la laïcité et de la démocratie de ces partis en font des alliées sûrs des mâles musulmans. Les partis de gauche et de droite, au nom du misérabilisme, du relativisme culturel ou pour acheter des voix électorales ont œuvré à l’islamisation des sociétés libres et démocratiques en soutenant la plupart des revendications islamistes au mépris des luttes des femmes qui veulent s’en émanciper. Si ces « pauvres immigrés musulmans » avaient volé votre paquet de cigarettes, vous réfugieriez-vous encore dans le silence ?

Il est tard et peut-être trop tard mais il faut tout de même faire le minimum pour protéger l’Europe de ces assaillants :
_ Offrir l’asile aux femmes et aux enfants cibles des violences des hommes musulmans et aux minorités persécutées (Yazidis…)
_ N’offrir l’asile qu’aux hommes capables de démontrer qu’ils sont en danger parce que dans leur pays ils refusaient de se comporter en mâle musulman et luttaient contre les islamistes. Ainsi qu’aux hommes victimes de viol et torture dans leur pays.
_ Mettre dehors tous les hommes venus depuis avril 2015 en U.E. qui ne ne viennent pas d’un pays en guerre.
_ Réserver en priorité les hébergements de réfugiés aux femmes et aux enfants et les rendre non-mixte afin qu’elles ne soient plus violées et prostituées.
_ Fermeture de toutes les librairies islamistes dont les livres justifient et encouragent les violences et viols contre les femmes, la pédocriminalité(11), le meurtre des non-musulmans, des homosexuel-lle-s, des juifs et des apostats.
_ Fermeture de toutes les mosquées n’ayant pas réformé l’islam pour le rendre compatible avec la démocratie laïque et l’égalité femme-homme.

Sinon :
L’Europe humaniste est morte, vive l’Europe musulmane !

Notes :
1 : Voile et viol, armes de guerre contre les femmes. http://sisyphe.org/spip.php?article3952
2 : Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident, livre de Djemila Benhabib
3 : Association ELELE des femmes d’origine turque (qui œuvrait pour la laïcité et droits des femmes) est disparue faute de subvention en 2010, lorsque Sarkozy a décidé de développer le communautarisme.
4 :
5 : d’après le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas
6: En 2014 et 2015 une centaine de migrants ont agressé des femmes dans un festival de musique à Stockholm. La police ne l’a révélé qu’en janvier 2016. http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2581344/2016/01/11/La-police-suedoise-reconnait-avoir-cache-une-vague-d-agressions-sexuelles.dhtml
7 : Oliver Köhler, criminologue allemand http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2577498/2016/01/07/Les-agresseurs-sexuels-etaient-des-refugies.html
8 : Témoignages : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2576251/2016/01/06/Le-recit-terrifiant-d-une-victime-de-Cologne.dhtml et http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2583793/2016/01/13/Agressions-a-Cologne-Ils-ont-commence-a-nous-toucher-les-fesses.dhtml
9 : La suppression des langues grecques et latines n’est qu’un début. Bientôt ils diront que dans une société majoritairement musulmane il faut apprendre l’arabe et le coran, comme cela a été fait en Iran.
10 : http://www.terrafemina.com/societe/international/articles/49112-etat-islamique-pourquoi-parle-t-on-si-peu-des-viols-commis-.html
11 : Pédocriminalité par le mariage des fillettes dès 9 ans

Ana Pak, 10 janvier 2016
mise à jour du 24 janvier 2016

Kamel Daoud : « Cologne, lieu de fantasmes »

LE MONDE | 31.01.2016

Que s’est-il passé à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre ? On peine à le savoir avec exactitude en lisant les comptes rendus, mais on sait – au moins – ce qui s’est passé dans les têtes. Celle des agresseurs, peut-être ; celle des Occidentaux, sûrement.

Fascinant résumé des jeux de fantasmes. Le « fait » en lui-même correspond on ne peut mieux au jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé. Des immigrés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent.

Cela correspond à l’idée que la droite et l’extrême droite ont toujours construite dans les discours contre l’accueil des réfugiés. Ces derniers sont assimilés aux agresseurs, même si l’on ne le sait pas encore avec certitude. Les coupables sont-ils des immigrés installés depuis longtemps ? Des réfugiés récents ? Des organisations criminelles ou de simples hooligans ? On n’attendra pas la réponse pour, déjà, délirer avec cohérence. Le « fait » a déjà réactivé le discours sur « doit-on accueillir ou s’enfermer ? » face à la misère du monde. Le fantasme n’a pas attendu les faits.

Le rapport à la femme

Angélisme aussi ? Oui. L’accueil du réfugié, du demandeur d’asile qui fuit l’organisation Etat islamique ou les guerres récentes pèche en Occident par une surdose de naïveté : on voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime qui recueille la projection de l’Occidental ou son sentiment de devoir humaniste ou de culpabilité. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme.

En Occident, le réfugié ou l’immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité, et cela, on l’oublie avec dédain. Sa culture est ce qui lui reste face au déracinement et au choc des nouvelles terres. Le rapport à la femme, fondamental pour la modernité de l’Occident, lui restera parfois incompréhensible pendant longtemps lorsqu’on parle de l’homme lambda.

Il va donc en négocier les termes par peur, par compromis ou par volonté de garder « sa culture », mais cela changera très, très lentement. Il suffit de rien, du retour du grégaire ou d’un échec affectif pour que cela revienne avec la douleur. Les adoptions collectives ont ceci de naïf qu’elles se limitent à la bureaucratie et se dédouanent par la charité.

Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir.

Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie.

C’est une conviction partagée qui devient très visible chez l’islamiste par exemple. L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme.

L’islamiste en veut à celle qui donne la vie, perpétue l’épreuve et qui l’a éloigné du paradis par un murmure malsain et qui incarne la distance entre lui et Dieu. La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme. L’islamiste est tout aussi angoissé par la femme parce qu’elle lui rappelle son corps à elle et son corps à lui.

La liberté que le réfugié désire mais n’assume pas

Le corps de la femme est le lieu public de la culture : il appartient à tous, pas à elle. Ecrit il y a quelques années à propos de la femme dans le monde dit arabe : « A qui appartient le corps d’une femme ? A sa nation, sa famille, son mari, son frère aîné, son quartier, les enfants de son quartier, son père et à l’Etat, la rue, ses ancêtres, sa culture nationale, ses interdits. A tous et à tout le monde, sauf à elle-même. Le corps de la femme est le lieu où elle perd sa possession et son identité. Dans son corps, la femme erre en invitée, soumise à la loi qui la possède et la dépossède d’elle-même, gardienne des valeurs des autres que les autres ne veulent pas endosser par [pour] leurs corps à eux. Le corps de la femme est son fardeau qu’elle porte sur son dos. Elle doit y défendre les frontières de tous, sauf les siennes. Elle joue l’honneur de tous, sauf le sien qui n’est pas à elle. Elle l’emporte donc comme un vêtement de tous, qui lui interdit d’être nue parce que cela suppose la mise à nu de l’autre et de son regard. »

Une femme est femme pour tous, sauf pour elle-même. Son corps est un bien vacant pour tous et sa « malvie » à elle seule. Elle erre comme dans un bien d’autrui, un mal à elle seule. Elle ne peut pas y toucher sans se dévoiler, ni l’aimer sans passer par tous les autres de son monde, ni le partager sans l’émietter entre dix mille lois. Quand elle le dénude, elle expose le reste du monde et se retrouve attaquée parce qu’elle a mis à nu le monde et pas sa poitrine. Elle est enjeu, mais sans elle ; sacralité, mais sans respect de sa personne ; honneur pour tous, sauf le sien ; désir de tous, mais sans désir à elle. Le lieu où tous se rencontrent, mais en l’excluant elle. Passage de la vie qui lui interdit sa vie à elle.

C’est cette liberté que le réfugié, l’immigré, veut, désire mais n’assume pas. L’Occident est vu à travers le corps de la femme : la liberté de la femme est vue à travers la catégorie religieuse de la licence ou de la « vertu ». Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à « voiler ».

La liberté de la femme en Occident n’est pas vue comme la raison de sa suprématie mais comme un caprice de son culte de la liberté. A Cologne, l’Occident (celui de bonne foi) réagit parce qu’on a touché à « l’essence » de sa modernité, là où l’agresseur n’a vu qu’un divertissement, un excès d’une nuit de fête et d’alcool peut-être.

Cologne, lieu des fantasmes donc. Ceux travaillés des extrêmes droites qui crient à l’invasion barbare et ceux des agresseurs qui veulent le corps nu car c’est un corps « public » qui n’est propriété de personne. On n’a pas attendu d’identifier les coupables, parce que cela est à peine important dans les jeux d’images et de clichés. De l’autre côté, on ne comprend pas encore que l’asile n’est pas seulement avoir des « papiers » mais accepter le contrat social d’une modernité.

Le problème des « valeurs »

Le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah ». A tel point qu’il a donné naissance à ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » : descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burka.

L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le jugement dernier. Un sursis qui fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme.

Retour à la question de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer.

Kamel Daoud est un écrivain algérien. Il est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Goncourt du premier roman. Il est également chroniqueur au Quotidien d’Oran. Cet article a d’abord été publié en Italie dans le quotidien La Repubblica.

Place Tahrir en Europe

De l’européocentrisme comme cache-sexe, et de l‘art de la prestidigitation en politique

Les faits avérés :
Au réveillon de fin d’année 2015 ont eu lieu des attaques concertées contre les femmes dans l’espace public, à caractère sexuel, simultanément dans une dizaine de villes, principalement en Allemagne, mais aussi en Autriche, en Suisse, en Suède, en Finlande… Plusieurs centaines de femmes, à ce jour, ont porté plainte pour agression sexuelle, vol, et viol. Ces attaques ont été perpétrées par des hommes jeunes issus de l’émigration (qu’ils soient immigrés, demandeurs d’asile, réfugiés récents, ou autre…) originaires du Maghreb et du Moyen Orient.

Les réactions ont été sans surprise : Occultation des faits, de leur coordination internationale et de leur magnitude aussi longtemps que possible par les gouvernements, leurs polices, et les media, sacrifiant comme à leur habitude les droits des femmes à la paix sociale. Levée préventive de boucliers à gauche et parmi un nombre important de féministes pour défendre les étrangers présumés ‘musulmans’ en tant que victimes potentielles de racisme (notons le glissement sémantique de ‘arabes’ ou ‘maghrébins’, une localisation d’origine géographique, comme les ont décrit les femmes agressées et la police, à ‘musulmans’.) Clameurs sécuritaires à l’extrême droite et premier passage à l’acte en Allemagne où s’est produit un pogrom anti bronzés, sans discrimination d’origine. Déni et racisme : Un schéma classique qui accompagne la montée de l’extrême droite intégriste musulmane en Europe depuis les années 80.

Réminiscences :
Centre de Tunis, rassemblement laïque et féministe anti Ben Ali : des groupes de jeunes intégristes (cela a été prouvé) entourent les manifestantes, majoritaires dans la manifestation, les isolent, les agressent sexuellement, touchant leurs sexes et leurs seins et les frappent violemment, malgré les efforts pour les protéger d’hommes de gauche qui sont venus en solidarité. La police regarde.

Place Tahrir au Caire, lieu de rassemblement de la contestation anti gouvernementale : pour la première fois, les femmes saisissent cette occasion de prendre leur place de citoyennes ; elles sont nombreuses dans les manifestations ; des groupes de jeunes gens ( à quel degré inféodés aux Frères Musulmans ou manipulés par eux ?) agressent sexuellement des centaines de manifestantes (et des journalistes de la presse étrangère), des photos de presse les montrent partiellement dénudées, il y a des plaintes pour viols. La police fait chorus et s’en prend également aux manifestantes qu’elle bastonne très violemment, soumet à des ‘tests’ de virginité, etc… Cette politique de la terreur sexuelle se poursuivra au Caire pendant des mois, les organisations féministes mettent alors sur pied une carte électronique du Caire où sont signalées les agressions en temps réel pour que des équipes de sauveteurs ( hommes) parviennent sur les lieux à temps.

Réminiscence plus ancienne encore : Alger, été 1969, 1er Festival Culturel Pan-Africain : place de la Grande Poste, des centaines de femmes sont assises par terre, occupant tout le large carrefour qui a été pour la circonstance interdit à la circulation automobile ; elles assistent à l’un des nombreux concerts gratuits offerts à la population de 5h de l’après midi à 4h du matin chaque jour pendant des semaines, manifestations culturelles auxquels les femmes sont très assidues ; la plupart portent le haïk blanc traditionnel de l’Algérois et ont emmené plusieurs enfants chacune. La nuit tombe peu après 8h30 et un cri s’élève : ‘en- nsa, l-ed-dar’, ‘les femmes à la maison’, repris par les centaines d’hommes qui assistent aussi au concert. Petit à petit et à regret, les femmes et les enfants quittent la place. Les hommes rient, triomphants, méprisants. Comme disaient les Nazis : ‘à l’église, à la cuisine, auprès du berceau’…La place dans l’espace public des célèbres femmes algériennes révolutionnaires de notre glorieuse guerre de libération est déjà, 7 ans après l’indépendance, clairement définie. Patriarcat et intégrisme, culture et religion, voguent main dans la main.

Comme il est curieux que de tels liens ne soient pas faits avec l’affaire récente qui nous occupe ici, même par des féministes qui ont soutenu les femmes de la place Tahrir lorsqu’elles y furent agressées.
C’est que l’Europe n’a rien à apprendre de nous, et que rien de ce qui se passe chez nous ne peut ressembler de près ou de loin à ce qui se passe en Europe. Par définition. On ne va quand même pas mélanger les torchons et les serviettes. Un racisme sous-jacent, non explicité dans la gauche radicale, admet implicitement la différence infranchissable entre les civilisés et les sous développés, leurs comportements, leurs cultures, leurs situations politiques. Et sous cette altérité essentialisée, gît une inavouable hiérarchie : la gauche radicale, dans son aveugle défense des réactionnaires ‘musulmans’, accepte implicitement qu’il est normal qu’une situation d’oppression engendre une réponse d’extrême droite chez les non-Européens… nous ne sommes clairement pas dignes, ou capables, d’y apporter des réponses révolutionnaires. (je ne développerai pas ici l’exportation de cette pensée aux élites de gauche en Asie et en Afrique)

Cassandres inécoutées, nous nous égosillons pourtant depuis trois décennies à pointer du doigt des similitudes qui seraient éclairantes politiquement. Les algériennes surtout, qui ont fui la terreur intégriste des années 90, ne cessent de montrer les différentes étapes de la montée intégriste en Algérie, des années 70 aux années 90, et leur similitude avec ce qui se met en place en France et ailleurs en Europe : d’abord des attaques contre les droits légaux des femmes (pour demander un droit spécifique ‘musulman’ en matière familiale, une ségrégation sexuelle dans les hôpitaux, les piscines, etc..), conjointement avec des demandes particularistes en matière d’enseignement (cursus adapté, non laïque ) puis des attaques ciblées contre les contrevenantes indisciplinées (filles lapidées, brulées) et contre tout laïque rebaptisé ‘kofr’ (journalistes, comédiennes, Charlie), enfin des attaques indiscriminées contre tout comportement qui ne correspond pas à l’idéal intégriste (Bataclan, terrasses de café, match de foot, etc..). Tout ceci s’est développé suivant le même schéma, des années 70 aux années 90 en Algérie, en commençant de la même façon par mettre en cause les droits des femmes, et leur existence dans l’espace public, sachant trop bien que les gouvernements n’hésitent pas à monnayer les droits des femmes en échange du maintien d’une certaine paix sociale avec l’intégrisme.

Mais l’Europe de gauche semble incapable de s’extraire de sa situation spécifique où les personnes d’origine émigrée et, parmi elles, les présumés ‘musulmans’, font effectivement face à des discriminations. Elle extrapole et exporte son analyse à la montée de l’intégrisme dans nos pays même, où pourtant les ’musulmans’ ne sont ni minoritaires ni discriminés sinon par leurs propres frères.
Plus grave encore est que la gauche laisse aux seules forces politiques de l’extrême droite européenne xénophobe traditionnelle le monopole du discours sur l’autre extrême droite, celle de l’intégrisme musulman, lui laissant aussi le monopole de la légitime dénonciation des forces d’extrême droite dite religieuse issues de nos pays. Je crains, beaucoup d’entre nous craignons, de plus en plus, que ce déni ne mène à des actions punitives populaires indiscriminées, ce qui satisferait à la fois le désir de vengeance de l’extrême droite traditionnelle xénophobe, et la tentative de l’extrême droite intégriste de recruter plus largement en Europe. On a déjà assisté à des tentatives de maires d’extrême droite de légitimer la création de milices populaires armées pour ‘protéger’ les citoyens français. Certes la gauche (tout comme la social démocratie) s’en indigne régulièrement, mais dans la mesure où elle se refuse à aborder le problème de l’intégrisme musulman et se cantonne au déni, elle laisse le terrain idéologique à l’extrême droite raciste.

Comment ne pas voir les avancées intégristes en Europe, dont la récente brutale remise en cause de la place des femmes dans l’espace public européen, ce 31 décembre, n’est qu’un signe de plus… La lunette déformante de l’approche européocentriste empêche de voir les similitudes avec ce qui s’est passé, par exemple, au Maghreb et au Moyen Orient. En Europe, les ‘musulmans’ ne peuvent être vus que comme des victimes, des minorités opprimées – ce qui justifie apparemment tout comportement agressif et réactionnaire de leur part – , alors qu’il suffit de franchir quelques frontières pour voir quel est, lorsqu’ils sont en majorité, ou au pouvoir, leur programme politique envers la démocratie, les laïques, les tenants d’autres religions et les femmes. C’est cette absence d’analyse politique qui permet leurs avancées en Europe. Sous prétexte d’oppression capitaliste et xénophobe en Europe, l’extrême droite intégriste se voit dédouanée de ses politiques ultra réactionnaires, non seulement en Europe mais aussi dans nos pays d’origine. Quel européocentrisme…
Que la gauche et bien trop de féministes s’en tiennent à la théorie des priorités (exclusive défense des émigrés – rebaptisés ‘musulmans’- contre la droite occidentale capitaliste) est une erreur fatale dont elles répondront devant l’histoire, et un abandon des forces progressistes de nos pays dont l’absurde inhumanité fera tâche indélébile sur le drapeau de l’internationalisme.
A ce boulet conceptuel de la gauche (l’ennemi principal vs l’ennemi secondaire) s’ajoute une autre théorie des priorités, celle ci issue des organisations de droits humains : une implicite hiérarchie des droits fondamentaux selon laquelle les droits des femmes viennent loin après les droits des minorités, les droits religieux, les droits culturels, pour ne nommer que quelques uns de ceux qui sont régulièrement opposés aux droits des femmes, – et ce jusqu’à l’ONU.

Depuis les attaques du 9-11 aux Etats Unis et des mesures sécuritaires qui s’en sont suivies, on assiste de la part des organisations de droits humains et de la gauche radicale à un véritable tour de passe-passe : l’escamotage de la cause au profit de la conséquence. Ainsi, le thème principal des analyses et des débats est-il ‘la guerre contre la terreur’, les abus notoires qu’elle entraine, la limitation des libertés civiques, la crainte pour la démocratie. (Je ne débattrai pas ici du bien fondé de ces accusations, mais uniquement de la technique discursive employée). Tous ces thèmes sont repris actuellement en France, avec l’Etat d’urgence qui fut instauré après les attentats de novembre à Paris, et la crainte d’un Patriot Act en Europe.
Mais en même temps, la ‘terreur’ elle même disparaît des discours, elle perd de sa réalité, elle devient le simple prétexte – illusion ? – à des actions gouvernementales liberticides : il y a bien une ‘guerre contre la terreur’ mais la ‘terreur’ est devenue une fantaisie de l’extrême droite xénophobe, il y a bien des bombes humaines qui explosent dans Paris, mais il n’y a pas de guerre en France… On élabore sans fin sur ce que le (ou les) gouvernement ne devrait pas faire, on dénonce ses intentions perverses, manipulatoires, attentatoires aux libertés. On dit que rien de tout cela n’est nécessaire à la sécurité des biens et des personnes. On dit que cela provoque ‘les musulmans’.
Ici reparaissent bien une cause et une conséquence, mais inversées. Après l’escamotage, le prestidigitateur illusionniste classique ressort le lapin du chapeau ; ici nous ressortons le chapeau du lapin…

Un phénomène mondial – la montée d’une nouvelle sorte d’extrême droite, celle de l’intégrisme musulman – est non seulement justifié, mais littéralement escamoté derrière la critique des réactions qu’il suscite. Quelles que soient nos prises de position par rapport à la nature et aux dérives de ces réactions, nous ne devrions pas permettre que le phénomène lui même soit escamoté : le déni ne le fera pas disparaître dans la réalité, comme il le fait disparaître des discours de la gauche radicale et des organisations de droits humains.
S’imaginer un instant qu’un phénomène politique mondial puisse être déterminé par la politique intérieure et extérieure de l’occident capitaliste et de lui seul (et ce quels que soient les régimes et les formes de gouvernement sous lesquels il apparaît, le niveau de développement économique et culturel de ces pays, les classes et les forces politiques en présence, etc.. ) , cela relève de la mégalomanie..

Au cours de ces trente dernières années, mettre la tête dans le sable n’a pas permis d’endiguer les demandes croissantes de l’extrême droite intégriste, ni en Europe ni ailleurs – bien au contraire, elle a surfé sur l’occultation de sa nature politique et sur son exploitation cynique des libertés démocratiques et des droits humains.
Ce qui est en jeu va bien plus loin que les simples droits des femmes ; c’est un projet de société théocratique, dans lequel, entre autres, – entre autres seulement -, les droits des femmes seront limités. L’action, concertée au niveau européen, du 31 décembre et sa remise en cause de la place des femmes dans l’espace public joue exactement le même rôle que l’apparition soudaine du prétendu ‘voile islamique’ : il s’agit d’une démonstration de force et de visibilité.

Il se peut qu’elle soit couronnée de succès, comme l’est en partie l’imposition du dit ‘voile islamique’ ; les conseils prodigués aux femmes agressées à Cologne par certaines autorités de l’état allemand en font foi. : adaptez vous, tenez vous éloignées des hommes, ne sortez pas seules, etc…Bref, soumettez vous ou supportez en les conséquences. S’il vous arrive quelque chose, ce sera bien de votre faute, on vous aura prévenues…
Un conseil qui remet en mémoire ce qu’on disait, en plein tribunal, il n’y a pas si longtemps, aux femmes violées : mais qu’alliez vous faire là ? et à cette heure ? et dans cette tenue ?
Un conseil que ne sauraient désavouer les prêcheurs intégristes musulmans…

Que le premier souci ait été de préserver les coupables et non de défendre les victimes est une variante intéressante de l’habituelle défense des hommes coupables de violence envers les femmes. Quel pourcentage de défense du patriarcat et quel de défense des émigrés, minorités ethniques et religieuses ? Quand les intérêts du patriarcat (que la gauche n’ose plus guère défendre officiellement en tant que tel) peuvent se confondre avec la noble défense de l’opprimé (dont l’aura, même à gauche, a quand même pris un sale coup avec les récents attentats de novembre à Paris), cela arrange bien des gens.

Que l’on puisse encore se poser des questions sur le caractère concerté d’attaques simultanées, dans au moins 5 pays différents et une dizaine de villes en Europe, laisse pantois devant tant de mauvaise foi, et d’aveuglement – ou de perversité – politique.

Marieme Helie Lucas, mercredi 13 janvier 2016.

Source : http://www.siawi.org/article10591.html
Sur ce site vous trouverez les traductions de l’article en [English] [Español] [français] [italiano]

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