2- Viols, c) APPROPRIATION DES FEMMES

Critiques féministes de la notion d’ « aidantes sexuelles » (recueil de textes par OOOutils Féministes)

* – * – * article mis en ligne par https://oooutilsfeministes.wordpress.com * – * – *

Recueil de textes féministes contre la légalisation de la prostitution sous la notion d’ « aidantes sexuelles »

Les trois extraits d’articles ci-dessous sont issus du site de l’association « Femmes pour le dire, Femmes pour agir ». L’association FDFA réunit des Femmes et des Hommes en situation de handicap quelle que soit leur singularité. Son but lutter contre la double discrimination d’être femme et handicapée. Son objectif : crier haut et fort que nous sommes des femmes et des citoyennes avant d’être « handicapées ».
http://www.femmespourledire.asso.fr/

Non à la banalisation du viol

Extraits de l’édito de juin 2011 de l’association « Femmes pour le dire, Femmes pour agir »
(source pour lire l’article entier : http://www.femmespourledire.asso.fr )

L’association « Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir », qui rassemble des femmes en situation de handicap et qui milite pour la citoyenneté pleine et entière des femmes handicapées, tient à exprimer son indignation face aux commentaires de l’affaire Strauss-Kahn tendant à minimiser et à banaliser la réalité du viol, oubliant que le viol est un crime.
[…]

Notre association rappelle que les femmes handicapées, du fait de leur singularité, se trouvent être plus vulnérables à toutes les agressions verbales et physiques et notamment sexuelles. Le handicap sensoriel (personnes aveugles ou sourdes), le handicap moteur (personnes en fauteuil ou avec béquilles), les handicaps psychiques, les handicaps dits « invisibles » font des personnes qui en sont atteintes des proies faciles à intimider, tromper, violenter. Si 36% de femmes valides subissent une violence dans leur vie, ce sont 72% des femmes handicapées qui en sont victimes. Porter plainte leur est plus difficile qu’aux autres, elles sont moins crues que les autres par la Police. Elles sont de plus muselées par la honte, par la culpabilité, face au déni de leur entourage.
Si une femme sur dix seulement ose porter plainte après une agression sexuelle, qu’en est-il des femmes handicapées ! Celles qui ont le courage de le faire doivent être soutenues et respectées. Seules la parole et l’écoute peuvent les aider à se libérer de leurs traumatismes et à se reconstruire.

Nous exigeons de nos responsables politiques, des responsables de partis, des élus de tous bords, qu’ils condamnent sans ambiguïté le viol, toutes violences envers les femmes, et en particulier envers les plus vulnérables d’entre elles.

L’aidant sexuel selon une femme handicapée

http://www.liberation.fr/societe/01012339111-l-aidant-sexuel-selon-une-femme-handicapee
article de Maudy Piot, membre de « Femmes pour le dire, femmes pour agir »
(24/05/2011)

extraits :

« Le but de notre association «Femmes pour le dire, femmes pour agir» est de militer pour la citoyenneté des personnes handicapées, considérant que le handicap n’est pas notre identité, qu’il est dû à un hasard de la naissance ou de la vie. Nous luttons contre toutes discriminations, en particulier celle qui concerne le fait d’être femmes et handicapées, et refusons toute ghettoïsation.

Le projet des aidants sexuels nous pose problème à un double titre. D’une part en ce qu’il s’inscrit dans une forme de prostitution (je note que la demande émane à plus de 80 % d’hommes handicapés et que la réponse… est majoritairement assumée par des femmes). D’autre part, ce projet va à contre-courant – ou à contresens – d’un mouvement que nous voulons privilégier dans notre action. Nous voulons que les personnes handicapées puissent sortir de chez elles, de leurs institutions, pour aller vers des lieux rendus accessibles, accessibles notamment aux rencontres, y compris aux rencontres amoureuses (restaurants, cinémas, boîtes de nuit, voyages etc.). Faire venir à domicile ou en institution des «aidants», à heure fixe et rémunérés est la négation de ce mouvement qui veut aller vers l’extérieur.

Certes, la société préférera se déculpabiliser en nous enfermant dans notre rôle social de «pauvres handicapés». La compassion tenant lieu de réflexion éthique.

En aucun cas, je le répète, la prostitution, quel que soit son habillage, ne peut constituer une réponse. La réponse n’est pas plus dans l’enfermement des personnes handicapées dans l’attente d’une «prestation» supplémentaire, mais dans l’ouverture de l’environnement en termes de réelle accessibilité, pour permettre la multiplication des opportunités de rencontres.

http://www.femmespourledire.asso.fr « 

Les aidants sexuels, Contribution de FDFA au débat sur la question des « Aidants sexuels »

article publié le 25 avril 2011
reproduit entièrement ci-dessous, source : http://www.femmespourledire.asso.fr/2011/01/les-aidants-sexuels.php

La société prend enfin conscience de la sexualité et de la vie affective des personnes handicapées et nous nous en réjouissons.

Mais la notion d’« aidants sexuels » est une mauvaise réponse à un vrai problème : celui des personnes lourdement handicapées qui veulent vivre leur sexualité d’hommes et de femmes dans l’authenticité, et la dignité et pouvoir créer une relation amoureuse. Poser comme principe qu’il y a une sexualité spécifique des personnes handicapées qui réclame une réponse spécifique est une erreur et conduit – une fois de plus – à la ghettoïsation du handicap.

Le raisonnement selon lequel, « puisque ça se fait ailleurs, ça doit se faire chez nous » est un faux syllogisme.

Le recours à des « aidants sexuels » formés et rémunérés pose fondamentalement la question de la prostitution comme réponse à de soi-disant « besoins ». On sait que la demande est essentiellement masculine et que la réponse serait essentiellement féminine. Mais même s’il s’agit d’aidants masculins, le problème demeure : celui de la marchandisation du corps, de la femme ou de l’homme. Il ne peut justifier un « ajustement » des lois sur le proxénétisme, alors que la France est engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et le trafic des êtres humains.

Ce qui manque ici, c’est une réflexion approfondie sur ce qu’est la sexualité humaine dont fait partie la sexualité des personnes lourdement handicapées, différente seulement dans ses modes de réalisation ou d’expression, ainsi qu’une recherche intelligente et ouverte sur l’accessibilité des personnes lourdement handicapées à une sexualité épanouie.

En aucun cas la prostitution, quel que soit son habillage, ne peut constituer une réponse. La réponse n’est pas plus dans l’enfermement des personnes handicapées dans l’attente d’une « prestation » supplémentaire, mais dans l’ouverture de l’environnement en termes de réelle accessibilité, pour permettre la multiplication des opportunités de rencontres, comme par exemple les lieux de loisirs.

Ce questionnement interpelle toute la société sur la sexualité : comment préparer les enfants et les jeunes à des relations sexuelles dans le respect de l’autre, à les informer des différences, quelle est la place de la sexualité dans une société de consommation et d’urgence, l’équilibre à assurer entre liberté individuelle et contraintes sociales ?

Nous partageons cette position avec le Mouvement du Nid

* – * – * article mis en ligne par https://oooutilsfeministes.wordpress.com * – * – *

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