Autodéfense féministe

Contre les violences faites aux femmes: riposte anarcha féministe (par Collectif Ovaires et Contre Tout, bordeaux, 2011)

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Contre les violences faites aux femmes:
riposte anarcha féministe

(source : Collectif Ovaires et Contre Tout)

Voici un extrait d’une brochure à paraître du collectif féministe anarchiste bordelais « Ovaires et Contre Tout ». La brochure s’intitule « Guide pratique et féministe : que faire dans des situations d’agression sexuelle, de viol ou de harcèlement ? Le collectif a souhaité se questionner sur les réponses qu’en tant qu’anarchistes féministes, on pouvait apporter à cette problématique des violences contre les femmes. 1

Pour commander la brochure écrire à collectifeministe33@no-log.org

Le patriarcat est un système d’organisation sociale, politique et économique, qui institue la domination des hommes sur les femmes.

Pour que ce système perdure, il faut instaurer l’infériorité des femmes : appropriation des corps, dépendance économique, travail domestique gratuit, éducation sexiste, banalisation des violences et loi du silence… Selon les cas, l’infériorité est légitimée par l’ordre divin ou par la « nature », contre lesquels il n’y aurait rien à faire.

Les violences spécifiques faites aux femmes sont inhérentes au patriarcat, elles n’en sont pas seulement une conséquence possible. De la galanterie au meurtre, elles sont le patriarcat.

Les violences contre les femmes sont omniprésentes : travail, vie privée, institutions (médias, écoles etc.).

Les violences contre les femmes n’ont pas de frontières : elles s’exercent partout dans le monde.

Les violences contre les femmes sont interclassistes : elles s’exercent dans tous les milieux culturels et sociaux.

Il ne s’agit pas d’un problème individuel et privé. Ces violences systématisées appellent une réponse collective et féministe, que nous avons essayé de mettre en œuvre dans le cadre du collectif « Ovaires et contre tout ». En militant à Bordeaux, nous avons été confrontées à des situations de viol, agression sexuelle et harcèlement, face auxquelles nous avons décidé de réagir. Il existe bien d’autres formes de violence, mais devant l’urgence de ces situations, nous avons centré notre réflexion sur celles ci.

Comme les réponses institutionnelles même si elles peuvent aider, nous semblent insuffisantes, nous avons voulu aller plus loin. Et si nous avons des connaissances théoriques, nous nous sommes rendu compte assez rapidement qu’il n’est pas si évident d’apporter des réponses concrètes et efficaces.

Même si nous n’avons pas réponse à tout, pour toutes les situations et tout le temps, cette brochure est un guide pratique et féministe, qui présente quelques démarches et solidarités possibles dans la société actuelle.

C’est un guide pratique parce qu’on y définit les violences, qu’on donne des pistes pour les identifier et lutter collectivement contre ; et féministe parce qu’on en a une analyse politique féministe.

Accueil et soutien féministe en collectif : quelques idées

En tant qu’anarchistes, nous avons de grandes difficultés à endosser le rôle de « juges » ou de « flics » qui nous est souvent attribué dès lors que nous souhaitons écarter un relou, quelqu’un qui est violent, dans ses propos ou dans ses actes, des lieux où nous militons. Or, comme dans tous les lieux publics où nous essayons de pointer les situations intolérables, nous ne voulons pas laisser le champ libre à un agresseur, car c’est fermer du même coup ce champ à cellui qui a déjà subi la violence. Etre anarchiste, c’est selon nous exercer et assumer ses responsabilités : par rapport à soi, aux idées qu’on défend, aux actes que l’on pose et face aux autres. En ce sens, visibiliser et garder la mémoire des situations de violence, ce n’est pas être flic ou juge, c’est justement exercer sa responsabilité et demander à un violent d’assumer la sienne. Se taire c’est collaborer.

Se retrouver entre alliées

C’est aussi faire en sorte que le soutien soit politique et non affinitaire. Qu’une femme puisse sentir une force qui l’entoure parce que c’est juste, et non parce qu’on est ses potes. Par exemple, proposer des réunions non-mixtes où une femme puisse parler à d’autres femmes ; qui ne sont pas forcément des copines mais juste des femmes solidaires. La solidarité se matérialise au quotidien : accompagner la personne victime de violence afin qu’elle ne se retrouve jamais seule face à l’agresseur ou dans un lieu qui l’angoisse, être présente quand elle a besoin de parler.

Donner aux femmes les moyens de leur défense

Se défendre, c’est aussi se poser la question de comment faire pour que ça n’arrive plus. Ça peut être mettre en place des ateliers d’autodéfense verbale ou gestuelle, des mises en situation où les femmes peuvent apprendre ce que leur conditionnement leur refuse : riposter.

Soutien financier

Lorsque que la victime porte plainte, elle affronte un véritable parcours du combattant. Tout cela coûte cher. Il n’y a pas de raison qu’en plus d’avoir été agressée, la victime croule sous les dépenses ou s’endette. C’est pourquoi un des aspects de l’engagement féministe consiste à mettre en place un soutien financier.

Créer un rapport de force et/ou comment pourrir un agresseur

C’est rendre publiques les situations de violence et mettre la pression. Des campagnes d’affichage dénonçant des pratiques violentes sur un lieu ne vont pas nommer directement l’agresseur (au risque de se faire emmerder pour diffamation) mais peuvent le mettre à mal et au mieux (même si c’est rare), l’amener à partir.

Nous menons de telles campagnes d’affichage : en plus de viser l’agresseur, elles informent les gen.te.s sur la question des violences sexistes. Cette propagande permet de nous situer comme un groupe anarcha féministe travaillant ces questions : ce qui permet aux personnes intéressées/concernées de nous contacter.

On peut aussi organiser, susciter, encourager le boycott de l’agresseur lui-même ou des lieux qu’il fréquente et qui ferment les yeux sur ce qu’il a fait ou fait encore (ex: bars, assos, cours, associations, espaces qu’il occupe au travail…). C’est également un bon moyen de pression.

Pour finir, il faut replacer ces violences dans le système global qu’est le patriarcat. Donc à terme, notre objectif est bien la disparition de toutes les violences sexistes (et de toutes les autres aussi, contre celleux qui ne sont pas dans les normes).

Une société non patriarcale c’est une société où le genre sera aboli, où on sera des individu.e.s et non plus des hommes ou des femmes, des hétéros ou des homos.

Pour détruire le patriarcat, on n’a rien trouvé de mieux que la lutte collective:

– dans les collectifs féministes non mixtes, pour créer nos propres espaces, où l’on se sente en sécurité, en confiance, pour penser, être solidaires, parler, se conscientiser, déconstruire notre genre individuellement et collectivement, avoir la force de porter notre féminisme à l’extérieur et au quotidien.

– dans les lieux ou groupes où on milite, pour porter nos revendications et faire exister le féminisme. Faire de ces lieux des espaces «bienveillants », mettre en place des relations les moins sexistes possibles, faire de la lutte féministe une priorité au même titre que les autres luttes.

– dans le reste de la société, pour faire ce qu’on peut et exister un minimum, rendre visible le féminisme et conserver le peu d’acquis que nous avons en portant des revendications concrètes (accès libre et gratuit à l’avortement et à la contraception et globalement, pour nos libertés et l’égalité entre les hommes et les femmes).

Les normes qui nous sont imposées sont bien trop étroites pour nos réalités, mais il reste de la place dans les marges. Plus nous serons nombreux.ses, individuellement et collectivement, à exister en dehors, plus ces normes perdront de leur force et de leur légitimité.

Que crève le patriarcat, maintenant, tout de suite, « Ovaires et Contre Tout »!

Article proposé par le Groupe Anarchiste Bordelais en soutien à la campagne du COCT contre les violences faites aux femmes.

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