Groupes et actions féministes, k) CAPITALISME, PRODUCTIVISME

Coalition féministes radicales contre le G20 (canada, juin 2010)

* – * – * article sur https://oooutilsfeministes.wordpress.com * – * – *

Coalition féministes radicales contre le G20
canada, juin 2010

source : http://feministesradicalescontreleg20.wordpress.com

# Purple block: Contingents féministes dans les manifestations du 25 et 26 juin 2010 à Toronto

À toutes les féministes en résistance,

Dans le cadre des rencontres du G8 et du G20 qui auront lieu à Toronto du 25 au 27 juin à Toronto, la coalition féministe radicale contre le G20 vous invite à vous vêtir de mauve et à venir manifester votre colère en vous solidarisant dans un contingent non-mixte lors des manifestations du vendredi 25 juin et samedi 26 juin. Car, nous refusons d’être soumises, pendant que les mâles capitalisent!

Vous pourrez nous rejoindre sous la bannière mauve où des foulards de la même couleur seront distribués.
[…]

ON VEUT LE PATRIARCAT EN CRISE,
LA RÉSISTANCE FÉMINISTE EST DE MISE!

Pour toutes autres informations:
radicalement vôtres,
La coalition féministe radicale contre le G20
http://feministesradicalescontreleg20.wordpress.com
féministesradg20@gmail.com

# Le track de la coalition (images jpeg)
page 1 (On veut le patriarcat en crise! La résistance féministe est de mise. Nous refusons d’être soumises, pendant que les mâles capitalisent!)
page 2 (Les maisons du maître : Patriarcat et capitalisme ; Poule pondeuse ou pas, on reste des poules ; Des poules hétérosexuelles)

# Contre le patriarcat ! Contre le capitalisme ! (reproduit ci-dessous)

# le texte du track de la coalition au format html : Pourquoi voulons-nous une crise ? (reproduit ci-dessous)

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Contre le patriarcat! Contre le capitalisme!

Le discours présenté à la manifestation anticapitaliste le 1ier mai 2010. Un appel à la mobilisation féministe pour le g20.

Encore une fois, nous pouvons voir que le capitalisme génère une crise économique. Et si pour une fois c’était nous qui causait une crise ? Nous, féministes organisées au sein de la coalition féministe radicale contre le G20, voulons causer une crise !!!

Comme vous le savez probablement, du 25 au 27 juin prochain, les dirigeants des 20 pays les plus industrialisés et les plus riches de la planète se rencontreront à Toronto, accueillis par notre cher premier ministre Stephen Harper. À plusieurs reprises par le passé, ces dirigeants se sont rencontrés pour discuter du sort du monde et pour prendre d’importantes décisions autour de quelques bouchées de caviar. Chaque fois qu’un de ces sommets de riches a lieu, des gens sortent dans les rues pour protester. Cette année ne fera pas exception, plusieurs syndicats, ONG et groupes anti-capitalistes et féministes s’organisent pour faire le voyage jusqu’au centre-ville de Toronto pour crier leur colère.

Notre coalition s’est formée à Montréal en février dernier pour mettre de l’avant une analyse féministe du G20 et du capitalisme, une analyse qui est trop souvent négligée. En effet, oui nous sommes contre le capitalisme, mais nous déplorons que dans notre lutte commune, plusieurs oublient de lutter contre le patriarcat. Nous serons aussi dans les rues de Toronto pour nous faire entendre ! Nous jugeons qu’il est nécessaire d’agir parce que les décisions de ces dirigeants, qui n’ont aucune légitimité politique, seront prises en fonction des priorités des hommes et des plus riches et toucheront durement les femmes partout sur la planète. Le système capitaliste a absolument besoin d’exploiter la force de travail des femmes, qui comptent parmi les plus pauvres, afin de se maintenir en place.

Dans le monde, deux tiers du travail des femmes n’est pas rémunéré, tandis que deux tiers du travail des hommes l’est. 70 % des pauvres et 60 % des analphabètes sont des femmes. Au Québec, le revenu total des femmes représente à peine 60 % des revenus totaux des hommes. Près des deux tiers des emplois au salaire minimum sont occupés par des femmes. Les femmes sans diplôme ont beaucoup plus de difficulté que les hommes à intégrer le marché du travail et à diplôme égal, les hommes occupent de bien meilleurs emplois.

En plus de voir leur force de travail mise au service d’employeurs masculins, elles doivent s’occuper des tâches domestiques que les hommes s’approprient gratuitement. Des travaux qui sont pourtant rémunérés lorsqu’ils sont effectués en dehors de la maison… Avons-nous besoin de rappeler que le système capitaliste et le patriarcat travaillent ensemble et qu’ils se renforcent l’un l’autre ? Sans oublier que le système capitaliste, en gardant les femmes dans la pauvreté, va de paire avec la contrainte à l’hétérosexualité. Les femmes sont souvent forcées de trouver un compagnon pour compenser leur moins bon salaire et ainsi améliorer leur qualité de vie. Et la contrainte à l’hétérosexualité signifie aussi un plus grand risque pour les femmes de devenir enceinte…

Un des principaux sujets de ce sommet sera d’ailleurs la santé maternelle et infantile. Le gouvernement canadien proposera différentes mesures concernant l’immunisation, l’accès à l’eau potable et la saine nutrition…mais rien concernant la contraception et l’avortement ! A-t-on besoin de rappeler que 70 000 femmes meurent chaque année à cause d’un avortement bâclé ? A-t-on besoin de rappeler que l’accès à la contraception diminuerait le nombre d’avortements illégaux et dangereux de 20 millions à 5 millions ? A-t-on besoin de rappeler que les décès maternels seraient réduits de 70 % si les besoins en pilule contraceptive étaient comblés à l’échelle de la planète ? A-t-on besoin de rappeler que la planification familiale éliminerait les deux tiers des grossesses non-désirées et les trois quarts des avortements à risques ? Le gouvernement conservateur reste de glace devant ces chiffres et n’a pas dit clairement s’il entend inclure le financement de la contraception et de l’avortement dans les mesures qu’il veut proposer au sommet du G20. Aussi, au Canada, pendant que le gouvernement promeut ses politiques natalistes, il passe sous silence le fait qu’il encourage directement et indirectement la stérilisation forcée des femmes Inuits. Nous dénonçons le double discours du gouvernement conservateur et la complicité des pays du G 20 qui, sous le couvert du racisme, refuse que les femmes blanches aient accès à la contraception pendant qu’ils participent, en silence, à la stérilisation des femmes Inuits. Assez, c’est assez ! Nous dénonçons le racisme et le sexisme des décideurs en refusant le contrôle de nos corps, peu importe si c’est pour nous forcer à avorter ou pour nous obliger à enfanter.

En effet, pourquoi le gouvernement n’accepte pas que ce sont les femmes et uniquement les femmes qui ont le droit de choisir si elles veulent des enfants ou non ? Pourquoi est-ce que ce sont encore et toujours les hommes qui se prononcent sur la santé des femmes ? Peut-être parce que les hommes veulent conserver le privilège de disposer du corps des femmes ? Peut-être à cause du mythe qui nous fait croire que les femmes majoritaires sont faites pour avoir des enfants et qu’elles sont des reproductrices sans fin ?

Alors que ces dirigeants tenteront de trouver des solutions à la crise financière que nous vivons, nous crions haut et fort que nous voulons une crise de l’ordre patriarcal et pour ça, la résistance féministe est de mise !!! Nous refusons que le capitalisme et le patriarcat s’érigent sur le dos des femmes! Et si nous refusions de nous occuper seules des enfants, de vos parents, de vos grands-parents, de vos proches malades et mourants ? Et si nous refusions de torcher vos maisons ? Et si nous refusions de rester enfermées à la maison ? Et si nous refusions de travailler gratuitement ? Et si nous refusions d’être payées moins cher que les hommes et d’occuper les emplois les plus déqualifiés ? Et si nous refusions de laisser les hommes avoir le contrôle de notre corps ? Et si nous refusions de nous marier et de faire des enfants ? Et si nous refusions de baiser avec des hommes ? Et si nous sortions toutes dans la rue pour crier notre colère…nous refusons d’être soumises pendant que les mâles capitalisent !!!

À toutes celles qui refusent d’être soumises!

À toutes celles qui veulent une crise!

Venez marcher avec nous dans notre contingent féministe non-mixte !!!

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Pourquoi voulons-nous une crise?

Le G8 et le G20, ces pro-féministes invétérés

Tous les ans, un tas de chefs d’État s’enferment dans un bunker. Mais pour quoi faire au juste? Ce coup-ci, c’est au Canada que ça se passe… Stephen Harper reçoit! (Fera-t-il lui-même les repas?) Sont attendus, à Toronto, du 25 au 27 juin, les présidents et premier ministres parmi les pays les plus industrialisés : Barack Obama (USA), Nicolas Sarkozy (France), Yasuo Fukuda (Japon), Gordon Brown (Royaume-Uni), Silvio Berlusconi (Italie), Angela Merkel (Allemagne) et Dimitri Medvedev (Russie), etc. Ceux-ci travailleront au bon fonctionnement du patriarcat et du capitalisme en prétendant, entre autres, soutenir la santé maternelle et infantile. Permettez-nous d’être sceptiques…

Pourquoi ces huit pays?
À eux huit, ils représentent 61% de l’économie mondiale, mais seulement environ 15% de la population mondiale. A eux seuls, ces copains orientent les politiques internationales de toute la planète, laissant dans la pauvreté la majorité de celle-ci pour s’en mettre plein les poches impunément.

Pis le G20 là-dedans?

Pour ne pas avoir trop l’air de monopoliser le show, le G8 a permis la création du G20. C’est la rencontre annuelle des ministres des Finances des 20 pays les plus industrialisés (les 8 et 12 autres pays «émergents»). Le G20 accueille également les institutions de Bretton Woods: le directeur général du FMI et le président de la Banque mondiale. Des institutions qui ont contribué à affamer 90% de la planète, qui sont responsables de la dette odieuse des pays du Tiers monde et qui incitent les États à sabrer dans leurs dépenses sociales et à livrer leurs ressources naturelles aux grandes compagnies. Les 20 se réuniront à Toronto juste après le G8 qui aura lieu à Huntsville, en Ontario. Que nous réservent, à nous les femmes, les décideurs des pays les plus puissants ? Rien, sauf le maintien des ordres patriarcaux et capitalistes. Comment ? Regardons cela de plus près…

Les maisons du maître : Patriarcat et capitalisme

Les femmes comptent parmi les plus pauvres. Par exemple, le revenu total des femmes représente 63% des revenus totaux moyens des hommes (Conseil statut de la femme, 2010). Près des 2/3 des emplois au salaire minimum sont détenus par des femmes, tandis que les femmes sans diplôme éprouvent plus de difficultés que les hommes à intégrer le marché du travail. Les travailleuses sont moins nombreuses que les travailleurs à être admissibles à l’assurance emploi lors de la perte de leur emploi et ce, même si elles y ont cotisé… (FTQ, NouvElles, Vol. 17, n° 2, automne 2009).

Pourquoi en est-il ainsi ? N’est-ce pas parce que le rôle premier des femmes est de tenir maison et, par conséquent, de travailler gratuitement à élever des enfants, cuisiner, laver, frotter, récurer, épousseter…et tout cela sans la moindre rémunération ! En maintenant les femmes dans la pauvreté, le capitalisme nous rappelle que nos revenus ne peuvent être suffisants pour notre survie et que, par conséquent, il s’agit d’un revenu d’appoint, complémentaire à celui des conjoints mâles. Un revenu qui nous somme d’accomplir en priorité les tâches domestiques au profit des hommes. Voilà que le capitalisme sert encore une fois le patriarcat !

Et nous voici contrainte à vivre une double oppression : celle du milieu de travail salarié et celle de l’économie domestique non salariée, toutes deux principalement dirigés par des hommes !

Poule pondeuse ou pas, on reste des poules.

La division sexuelle du travail est loin d’être obscure ou naturelle, mais révèle sa rationalité dans le rapport politique de domination entre les sexes. Elle est le postulat de base qui permet au capitalisme et au patriarcat de se reproduire encore et encore et ce, en refusant aux femmes le contrôle sur leur propre corps. Comment? Par des choses toutes simples et affirmées comme étant naturelles, comme la fertilité des femmes: la nécessité de (se) reproduire. Ce qu’on appelle fertilité naturelle, c’est considérer qu’il en va de l’ordre des choses pour les femmes d’avoir des enfants. Allez, va, bonne poule pondeuse ! Cette conception de la fertilité est en fait un système de reproduction forcée qui permet de justifier d’exposer les femmes à des grossesses, et ce au mépris de la santé des femmes ou même de celle de l’enfant (surtout si l’enfant est une fille). Aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, il y a de plus en plus de pressions faites surtout sur les femmes blanches pour se reproduire. Voilà la véritable raison du leitmotiv de Stephen Harper sur la santé maternelle et infantile en cette ère de G8/G20.

Le contrôle des naissances a été largement manipulé, selon les sociétés et à travers l’histoire. Il fut, dépendamment des contextes, interdit ou imposé, par l’État ou par la religion, ce qui a entraîné la soumission des femmes à des besoins politiques ou idéologiques. On ne voit pas le même genre de pressions faite sur les femmes dans le propre Tiers monde de Stephen Harper, c’est-à-dire parmi les autochtones canadiennes. On assiste – surtout chez les Inuits – à la tendance contraire, où des politiques antinatalistes imposent la stérilisation forcée, l’avortement ou la prise de contraceptifs parfois encore à l’essai, sans donner aux femmes visées l’accès à des informations concernant les effets secondaires ou conséquences de tels traitements.

Bref, dans toute bonne société patriarcale comme la nôtre, on refuse aux femmes le droit de contrôler leur corps en leur faisant subir des pressions énormes pour qu’elles se conforment aux desseins ou politiques utiles au pouvoir en place. Et surtout, avec le sourire!

Des poules hétérosexuelles

Bien évidemment, l’idéologie patriarcale qui prétend que les femmes sont « naturellement » faites pour torcher conjoint et enfants va de pair avec la contrainte à l’hétérosexualité. La contrainte à l’hétérosexualité permet aux hommes hétérosexuels de bénéficier du travail gratuit des femmes car les femmes en couple voient leurs tâches domestiques augmenter et cela ne s’arrange pas lors de la naissance du premier enfant ! À contrario, les hommes en couple profitent d’un allègement du temps passé à torcher sa maison. Plus il y a d’enfants, et plus l’écart augmente entre les hommes et les femmes. N’est-ce pas curieux ? De plus, lorsque l’idéologie patriarcale ne parvient pas seule à faire croire que le couple hétérosexuel est le seul modèle valide, le capitalisme est là pour maintenir les femmes en situation de pauvreté, les incitant ainsi à « choisir » le couple. Quel choix! En effet, les femmes sont souvent obligées de trouver un homme avec qui être en couple pour compenser leur salaire généralement moins élevé que celui des hommes, dans le but d’améliorer leur qualité de vie ou même d’assurer leur survie. Le peu d’autonomie financière des femmes peut donc les amener à faire des choix qu’elles n’auraient peut-être pas faits advenant un salaire plus élevé. Cela implique que les femmes lesbiennes et les femmes qui vivent sans homme se retrouvent souvent dans une situation financière précaire, le système patriarcal et capitaliste leur rappelant sans cesse qu’il y a de nombreux inconvénients à vouloir être autonome par rapport aux hommes.

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